Si un smartphone a plus de puissance aujourd’hui que de nombreux ordinateurs portables d’il y a dix ans, pourquoi transporter des appareils séparés pour le travail, la maison et les voyages ? Les géants ont essayé de faire un pas en avant ici non pas une, mais deux fois, et maintenant le petit Nex Computer entre en jeu avec NexPhone – un téléphone qui peut non seulement devenir un « ordinateur de bureau », mais vous permet également de basculer entre Android, Linux et Windows 11.

Depuis que les smartphones sont « devenus » des ordinateurs miniatures, la question revient régulièrement sur le marché : peuvent-ils remplacer les ordinateurs portables et de bureau ? Samsung DeX, Motorola Ready For et Continuum de Microsoft ont montré que cela était possible. Mais d’une manière ou d’une autre, le marché ne l’a pas ressenti.

Habituellement, ce concept fonctionnait, oui, mais trop souvent cela signifiait une version de démonstration du monde PC : il y avait soi-disant Windows, il y avait soi-disant multitâches, mais sans toute la commodité, sans toutes les applications et la prévisibilité directement depuis n’importe quel ordinateur portable, même le plus pauvre. Android en mode bureau peut être intéressant, mais il s’agit toujours d’Android – un environnement mieux adapté aux tâches courtes qu’aux longues sessions de travail. Si les utilisateurs veulent un ordinateur de bureau, ils obtiendront un ordinateur de bureau. NexPhone a décidé qu’un problème comme celui-ci devait être résolu… avec abondance.

Android 16, Debian et Windows 11 dans une seule maison

Au quotidien, vous êtes censé fonctionner sous Android 16, c’est à dire en mode mobile classique. Mais lorsque vous avez besoin de quelque chose de plus « de bureau », vous pouvez exécuter Debian en tant qu’application et accéder à l’environnement Linux sans redémarrer l’appareil.

Debian vous donne accès à des outils complets qui sont tout simplement encombrants sous Android. Pour de nombreux utilisateurs, il s’agit peut-être du premier pont raisonnable entre le téléphone et un véritable ordinateur.

Et puis il y a Windows 11. Ici, NexPhone met le paquet : l’appareil est censé offrir la possibilité de redémarrer directement sur le système Microsoft. De plus, la société a préparé sa propre interface basée sur des tuiles inspirée de Windows 10 Mobile – une pure nostalgie. C’est un peu ironique, mais aussi… assez logique. Si quelqu’un veut Windows dans sa poche, il l’obtiendra tout simplement. C’est une très bonne idée, mais la question est de savoir comment la mettre en œuvre.

Moniteur, clavier, souris et… téléphone

Lorsque NexPhone atterrit sur le bureau et est associé au moniteur et aux accessoires, l’utilisateur choisit : Android Desktop Mode, Debian avec une interface graphique complète ou Windows 11 avec un bureau classique. Ici, le mode bureau n’est pas du tout une surcouche.

Les dossiers ont également été résolus de manière intéressante. Android et Debian sont censés partager l’accès aux mêmes données, ce qui facilite la vie des utilisateurs : vous téléchargez un fichier sous Android et vous l’utilisez sous Linux sans jongler avec les copies. Windows est censé fonctionner sur une partition séparée : ici, cela a été fait par pragmatisme typique. Premièrement, le système de fichiers est difficile à concilier, et deuxièmement, mélanger des fichiers entre Windows et Linux est généralement une idée médiocre au regard de la pérennité de telles installations. Ce téléphone devrait fonctionner sans erreurs et sans difficultés, et ne pas tomber en panne toutes les quelques semaines.

Donc : mobilité sur Android, outils sur Debian, compatibilité sur Windows. Est-ce que n’importe qui pourra vraiment l’utiliser ou n’en parlera-t-il qu’à un très petit cercle d’amis ?

NexPhone est un téléphone moyen décent

Les paramètres de NexPhone sont un téléphone solide de milieu de gamme. L’écran mesure 6,58 pouces, avec un taux de rafraîchissement de 120 Hz et une résolution de 1080 × 2403. Vous disposez de 12 Go de RAM, de 256 Go de mémoire et – remarque – d’un emplacement pour carte microSD. Un bel ajout, puisqu’il s’agit d’un équipement de travail.

La batterie a une capacité de 5 000 mAh et prend en charge le chargement sans fil. Caméras : 64 Mpix principales, 13 Mpix ultra-larges et 10 Mpix à l’avant. Il n’y a pas de feux d’artifice ici et ce n’est pas obligatoire : c’est censé être un équipement de travail, pas de plaisir.

NexPhone utilise la puce Qualcomm QCM6490, un processeur conçu principalement pour les applications IoT. Il ne s’agit pas d’un Snapdragon issu des produits phares, mais d’une puce connue, entre autres, du Fairphone 5, où même à son époque, il pouvait agir avec une lenteur notable. La décision est logique en termes de support à long terme, car Qualcomm s’est engagé à effectuer des mises à jour sur plusieurs années. J’ai des doutes tout à fait justifiés sur la capacité à gérer Windows 11, de plus en plus maladroit et capricieux.

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549 $ pour la promesse d’un ordinateur-téléphone

Nex teste le marché. Tout d’abord, vous payez 199 $ pour la réservation, et enfin vous payez 350 $ supplémentaires, soit un total de 549 $. Le fabricant déclare ses expéditions au troisième trimestre de l’année et les frais de réservation doivent être entièrement remboursables.

Le prix est suffisamment bas pour ne pas effrayer les curieux, mais suffisamment élevé pour que cela ne ressemble pas à de la merde bon marché. Eh bien : cela a du sens, mais le principal élément dissuasif ici est la performance attendue : en particulier sous Windows. Si cela devait fonctionner, être agréable et non irritant, il faudrait qu’il y ait quelque chose de plus puissant. Je dis/écris cela en toute conscience : dans mon cas, je travaille sur un mobile i7 pas très ancien, 32 Go de RAM et un disque NVMe rapide, et pourtant Windows 11 peut me surprendre par sa mauvaise gestion des performances. Imaginez cela maintenant sur votre NexPhone. Et en plus de ça… 12 Go de RAM. Je ne l’achète pas.

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