Compétences générales incluses
Selon les prévisions d’IDC, d’ici 2025, plus de 97 millions de nouveaux emplois liés à l’IA et à l’automatisation seront créés. Cependant, comme le notent les experts, au lieu de supprimer des postes, nous assisterons à une évolution des rôles professionnels, où les compétences que l’IA ne possède pas deviendront cruciales : créativité, résolution de problèmes complexes et compétences relationnelles.
Le défi pour les employés de l’industrie informatique ne sera pas tant de se défendre contre l’IA, mais plutôt de s’adapter à la nouvelle réalité en améliorant constamment leurs qualifications et en développant des compétences générales que les machines ne peuvent pas remplacer.
Marcin Kucharski,
Chef de projet senior chez NFQ
« Les modèles d’IA actuels, malgré les énormes efforts déployés pour leur développement, laissent encore beaucoup à désirer. Oui, l’IA peut déjà dans une certaine mesure remplacer les juniors, mais si nous arrêtons d’avoir des juniors, nous n’aurons plus de mids ni de seniors non plus. Et sans eux, le développement futur de l'industrie ne sera pas possible », explique l'expert. « Au lieu de nous inquiéter de la perte de tâches moins engageantes, nous devrions nous tourner vers un avenir dans lequel les individus seront de plus en plus des orchestrateurs de processus, et non plus simplement des exécutants de tâches manuelles. L'ingénierie rapide n'est que le premier exemple de cette tendance, qui exige que les gens soient capables de formuler leurs idées avec précision », ajoute-t-il.
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Aux prises avec le burn-out
Paradoxalement, l’IA peut également s’avérer être un allié dans la lutte contre l’un des plus grands défis du secteur informatique : l’épuisement professionnel. Une étude menée par l'Upwork Research Institute indique que jusqu'à 65 % des employés informatiques sont confrontés à des pressions en matière de performances. L'automatisation des tâches de routine grâce à l'IA peut contribuer à réduire ce fardeau, permettant aux professionnels de se concentrer sur les aspects les plus créatifs et gratifiants de leur travail. Le problème du burn-out apparaît également dans le rapport UiPath, que nous avons récemment analysé dans Computerworld. Le burn-out touche près d’un salarié sur trois (32%), contre 29% en 2023. Il est intéressant de noter que la plupart des répondants ont indiqué que la réduction de la charge de travail était un facteur susceptible de réduire l'épuisement professionnel (55 %).
Des émotions irremplaçables
L’IA est efficace pour analyser les données et générer des conclusions, mais elle n’a toujours pas la capacité de comprendre le comportement humain, les émotions et le contexte plus large de l’action. Selon le rapport du Forum économique mondial « The Future of Jobs Report 2023 », les compétences générales telles que la pensée critique, les capacités d'analyse et la capacité à résoudre des problèmes complexes seront les compétences les plus recherchées dans les années à venir. Ces domaines resteront le domaine des humains pendant très longtemps, peut-être même pour toujours.
Des conclusions similaires proviennent également du dernier rapport de Workday, « Elevating Human Potential: The AI Skills Revolution »analysant l’impact de l’intelligence artificielle sur le travail. Le message ici est clair : l’IA ne remplacera pas les humains, mais accélérera plutôt la révolution des compétences des employés en élevant les compétences humaines telles que l’empathie et la prise de décision éthique au rang des ressources les plus précieuses.
